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Le poste de pilotage /7

 

L’accélérateur et les trims

 

Il existe deux systèmes permettant de rendre l’aile plus rapide: l’accélérateur qui est présent sur quasiment toutes les voiles, et les trims plus rares.  L’accélérateur s’utilise avec les pieds, les trims se règlent à la main. Dans les deux cas, il s’agit de modifier l’assiette de l’aile en jouant sur la longueur des élévateurs. La voile gagne alors en vitesse, mais au détriment d’un angle d’incidence plus faible et donc une voile moins solide, plus sensible à la fermeture.

 

Le calage de l’aile

Les élévateurs assurent le bon calage de l’aile, c’est à dire la bonne assiette. Normalement, tous les élévateurs ont la même longueur. Les petits maillons des A, B C et D sont au même niveau. C’est le neutre.

 

 

L’accélérateur

En accélérant, on abaisse les avants puis les B dans une proportion moindre. Certains systèmes d’élévateurs permettent de relâcher les arrières. Pour diminuer l’effort à fournir, il existe un système de mouflage en deux poulies.

Accelerateur-1

Réglage de l’accélérateur

Un bon réglage de l’accélérateur doit permettre:

  • de laisser voler la voile au neutre (trop court il risquerait d’accélérer en permanence),
  • d’être attrapé facilement avec les pieds, sans devoir intervenir avec une main,
  • d’accélérer à fond si le pilote le désire (trop long le pilote ne parvient pas au maximum du débattement).

Le réglage de l’accélérateur peut se faire sous portique mais à condition d’utiliser les élévateurs de la voile (et non les élévateurs présents sur le portique).

Il est aussi possible de régler l’accélérateur assis dans sa sellette sur le sol. Il vous faut l’assistance de deux personnes: une pour tendre vos élévateurs (comme en vol), l’autre pour vous aider à régler correctement la longueur de l’accélérateur.

Le plus simple est de régler l’accélérateur de manière à obtenir le débattement maximum (poulie contre poulie) jambes tendues.

 

Les bénéfices de l’accélérateur

Le seul bénéfice est le gain de vitesse. Et cela dépend beaucoup des voiles. Avec une aile école, le gain est plutôt symbolique 3 à 5 km/h. Mais avec les ailes performantes pour les cross, le gain peut aller jusqu’à plus de 10 km/h.

Avec les voiles de compétition, le premier tiers du débattement de l’accélérateur peut même améliorer la finesse/air.

Mais avec les autres voiles, accélérer fait perdre en plané d’autant plus que l’on utilise du débattement.

 

Le pilotage à l’accélérateur

Lorsque vous accélérez, il est interdit de freiner!

Mais si les conditions sont turbulentes, il faut tenir la voile!

Comment tenir la voile sans freiner? Aux élévateurs arrière! (voir les chapitres sur les profils, sur s’échapper et descendre, sur le vol en turbulence et sur le pilotage performant pour le cross)

Il est aussi possible et souhaitable de piloter en dosant l’accélérateur. Relâcher l’accélérateur c’est un peu comme tirer sur les arrières.

 

Les risques liés à l’accélérateur

Les fermetures! La voile est plus sensible aux fermetures. Les fermetures sont plus massives. Mais il faut aussi savoir que les conséquences des fermetures sont d’autant plus dangereuses que la voile est rapide.

Plus les conditions sont turbulentes, moins il faut accélérer. Ou alors, il faut être bon en pilotage aux arrières.

En cas de fermeture, il faut relâcher immédiatement l’accélérateur!

L’avantage de l’accélérateur est de pouvoir être rapidement relâché. La voile se retrouve alors au neutre ce qui est bien pratique en cas d’incident de vol. Ce n’est pas le cas des trims…

Attention: un autre risque réside dans le fait que le parachute de secours pourrait s’emmêler à l’accélérateur au moment de l’extraction. Exactement comme le cale pieds. Il ne faut jamais laisser pendre un accélérateur, surtout avec les sellettes dont le parachute de secours est placé sous la planchette et en avant.

 

Les trims ou « afficheurs »

Il s’agit d’un système permettant de bloquer les élévateurs dans une certaine position. On en trouve sur les parapentes biplaces, car ils n’ont pas d’accélérateur. De même sur les ailes de speed riding, car il n’est pas possible d’utiliser un accélérateur avec des skis! On en trouve également sur les ailes de paramoteur, et parfois sur des ailes de compétition. En général, sur les parapentes et les paramoteurs, ce système se situe sur les élévateurs arrière. En speed riding, il arrive d’en trouver sur les élévateurs avant.

Certains trims permettent de caler la voile plus cabrée (assiette plus élevée). Cela permet d’obtenir une voile plus lente et un meilleur plané. En biplace, c’est bien pratique pour adapter le régime de vol en fonction du poids du passager.

Mais la plupart du temps, le système ne permet que de faire piquer l’assiette en relâchant les arrières.

L’inconvénient majeur de ce système réside dans le fait qu’il faut utiliser les mains pour modifier le calage. Donc en cas d’incident de vol, il faut gérer une voile qui reste calée plus rapide: plus sensible à la fermeture, mais aussi des fermetures qui rouvrent plus difficilement, abattées plus vives, départ en autorotation plus rapide etc.

Il faut savoir que la présence de trims sur une voile augmente significativement le coût de production et surtout le coût de l’homologation car il faut faire tous les tests dans différentes positions de trim.

 

La sellette de pilotage

Pour info, dans les années 1988 à 1992, il existait un autre système: la sellette de pilotage. Les élévateurs avant étaient reliés directement à l’avant de la planchette. Les élévateurs arrière, à l’arrière de la planchette. En levant les genoux, le pilote faisait cabrer l’assiette pour obtenir un meilleur taux de chute et un meilleur plané. En abaissant les genoux, le pilote faisait piquer l’assiette, augmentant la vitesse. Quel dommage d’avoir abandonné ces sellettes absolument géniales pour le pilotage. Pour ma part, je les regrette toujours… mais j’ai la joie d’en utiliser une tous les hivers avec une aile de speed riding ou en speed flying comme sur l’image ci-dessous. Les couleurs fluo étaient de rigueur à l’époque…

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