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Le parachute de secours /5

 

Le contexte

 

 Au moment de jeter le secours, la voile et le pilote peuvent être dans différentes configurations de vol.

 En vol droit et stabilisé

  • En rotation de type 360
  • En parachutale
  • En autorotation stabilisée

 

Il faudra aussi tenir compte des conditions aérologiques et notamment du vent.

  

En vol droit et stabilisé

 

depuis-vol-droit-stabilise

  

Comme nous l’avons vu, en vol droit et stabilisé, le déploiement du secours ne pose pas de problème si le pliage et le montage sont corrects. Il faut reconnaître que ce n’est pas une situation typique pour une ouverture de secours.

 

 

En rotation de type 360

 

Le 360 est une bonne configuration pour l’ouverture d’un secours. Plus la vitesse est élevée, plus l’ouverture sera rapide.

 

Vidéo: 1 minute 40 secondes ouverture du secours en 360

 

  

En revanche, après l’ouverture, il faut immédiatement affaler la voile car elle peut très vite passer sous les pieds du pilote.

 

Conseil: Il peut donc être judicieux de tenir les deux commandes dans une main, et de faire secours avec l’autre main. Le pilote pourra alors affaler son aile rapidement. Sinon, les élévateurs peuvent vite se retrouver inaccessibles.

  

En parachutale

 

Par parachutale j’entends toutes les situations où le pilote et la voile se déplacent verticalement dans la masse d’air:

 Parachutale aux B, en crevette, en encore en rouleau de printemps

  • Vrille et hélicoptère (une demi-aile en marche avant, l’autre en marche arrière)
  • Voile en boule au dessus de la tête
  • Chute libre

  

Ces configurations sont assez problématiques car souvent le pod tombe lamentablement en bas, puis remonte vers le pilote et le suspentage de la voile principale. Il y a alors un fort risque d’emmêlement et, en tout cas, un temps d’ouverture plus long.

 

 Vidéo: 5 minutes, quelques exemples d’ouvertures en parachutale.

 

  

A mon avis, un bon extracteur permettrait d’obtenir de bien meilleures ouvertures dans ces configurations.

 

 

En autorotation stabilisée

 

L’autorotation est une configuration d’incident de vol pendant laquelle la voile s’incline plus que dans un 360 engagé. La voile vole en avant, mais le pilote recule. Le centre de la rotation se trouve alors entre le pilote et la voile. Le pilote tourne avec un petit rayon de virage et peut ressentir un vent arrière. Le taux de chute peut être très élevé de même que la vitesse de rotation. L’autorotation fait l’objet de tout un chapitre dans la 4ème partie de ce manuel (ici). Sur le montage ci dessous nous pouvons voir la trajectoire du pilote en orange et celle de la voile en bleu. Remarquez que la fermeture se trouve en haut et le côté ouvert de la voile en bas.

  

Autorot-vertical-helisse

  

C’est une configuration particulièrement délicate pour une ouverture de secours. Pourtant voilà bien une situation qui mérite de l’utiliser, surtout si le pilote est twisté.

 

Il est fréquent que la voile principale revienne dans le parachute alors que celui-ci est en phase d’ouverture.

  

Souvent les suspentes s’enroulent autour du pilote ou passent sous les jambes. On voit parfois le pilote faire un salto arrière au moment du choc à l’ouverture.

  

Une fois le secours lancé: repliez les jambes et les bras!

  

Vidéo: 5 minutes 21 secondes, quelques exemples d’ouvertures en autorotation.

 

 

Si vous êtes twisté et que la voile part en rotation, il vaut mieux faire secours avant que la situation ne dégénère en autorotation stabilisée.

 

Si vous avez suffisamment de lucidité, sachez qu’il est préférable de contrer pendant le geste de secours. S’il faut contrer à droite et que votre secours est à droite, il faut utiliser la main gauche pour contrer! Un pilote qui y pense souvent a des chances d’y parvenir.

  

Une chose est certaine, quelque soit la configuration il faut essayer le lancer le secours loin et vers l’horizon!

  

Vent fort

 

La présence de vent fort au niveau du sol n’est pas une situation idéale pour faire secours. A partir de 25 km/h, le parachute commence à développer beaucoup de force.

 

Or il n’est pas possible d’affaler un secours sans assistance extérieure.

 

Tirer sur les élévateurs du secours ne fait qu’augmenter la traction du secours. Les suspentes du secours sont inaccessibles et il n’existe pas de commande pour affaler. Un seul remède: courir en direction du secours pour lui enlever du poids et donc de la puissance. Sinon, il faut compter sur les obstacles pour s’arrêter. Des arbres sont parfaits pour arrêter tout le monde. Mais selon la nature du sol, le danger peut être bien réel.

  

C’est particulièrement vrai lors d’un amerrissage par vent fort.

 

Le parachute reste gonflé et tracte le pilote comme en kite. Si le pilote a la tête vers le haut et si le vent n’est pas trop fort, la situation n’est pas trop dangereuse.

 

 

secours-amerissage-1

 

 Mais si le pilote a la tête face à l’eau, la situation est bien moins agréable.

  

secours-amerissage-2

 

Il faut alors essayer de pivoter, quitte à défaire une cuissarde.  Mais si le vent est fort, au bout d’un moment, la voile principale risque de rester ancrée dans l’eau. Le pilote finit alors par se trouver dans une position délicate, avec une voile qui le tire sous l’eau.

  

secours-amerissage-3

 

 

C’est exactement la mésaventure qui est arrivé à un bon copain. Il volait en dehors de tout encadrement. Son secours s’est ouvert de manière intempestive. Ce fut sa pire expérience. Car il a fini complètement sous l’eau, tout emmêlé dans les suspentes. Il ne doit sa vie qu’à l’arrivée d’une assistance à bord d’un bateau de sécurité.

 

Message aux constructeurs: « Chers constructeurs si vous pouviez nous fabriquer un secours muni d’une poignée pour affaler, le monde du parapente vous en serait reconnaissant. »

  

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