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Le parachute de secours /1

 

Introduction

 

Pour la plupart des pilotes, il est vivement recommandé de s’équiper d’un parachute de secours. Il peut être votre dernière carte à jouer face à une situation délicate.

 

 

Pourquoi s’équiper d’un parachute de secours?

Parce que même les meilleurs pilotes peuvent être victimes de problèmes graves, indépendamment du niveau de pilotage. En cas de collision avec un autre aéronef par exemple. Et il suffit de 2 ailes en vol pour que le risque existe. Il faut aussi envisager la rupture d’une partie de la voile ou du suspentage. Entretenir correctement son matériel ne met pas à l’abri d’une défaillance des matériaux ou d’erreurs humaines rendant les ruptures possibles. Il arrive également de faire face à un problème connu, mais de ne pas disposer de la hauteur suffisante pour récupérer la situation avant l’impact. Le twist du pilote peut rendre impossible toute action de pilotage. Dans ces cas là, « faire secours » s’impose.

 

Les parachutes de secours ont déjà sauvé des vies. Ils en sauveront encore!

 

Plus vous utilisez une aile pointue, ou une sellette à risque (couchée avec cocon), plus il est nécessaire de s’équiper. Nous verrons que pour des formes de pratiques extrêmes (compétition de distance à haut niveau ou voltige) il est vivement recommandé de s’équiper de 2 secours.

 

Ne pas s’équiper?

En parapente, je ne vois qu’une seule forme de pratique qui peut objectivement être dispensé de parachute de secours: lorsque l’on vole par vent fort sur des sites ne permettant pas de prendre de la hauteur. Dans ces cas là, le parachute de secours ne pourrait être d’aucune aide.

De plus, en cas d’ouverture du secours, que ce soit volontairement ou accidentellement, le pilote va se faire traîner au sol par son parachute sans pouvoir l’affaler. La nature du sol doit alors rentrer en considération: une forêt arrête très bien un pilote et son secours. Mais en cas de sol rocailleux, d’obstacles construits comme des lignes électriques, des routes ou des voies de chemin de fer, se retrouver tracté par son parachute peut s’avérer plus dangereux encore que la plupart des impacts sans secours…

 

Comme nous le verrons, le vent vent fort, à partir de 20 à 25 km/h, rend délicat l’usage d’un parachute de secours.

 

Les mini voiles

En speed riding, on ne vole jamais très haut. De plus, on vole souvent dans du vent fort, voir même très fort! Il n’est donc pas judicieux de s’équiper de parachute de secours.

 

Mais surtout, il n’existe pas de secours adapté aux mini voiles!

 

Si le cône du parachute est plus long que celui de la voile, des problèmes connus peuvent compromettre l’ouverture du secours. Nous en reparlerons plus loin.

 

 

Votre dernière carte!

« Faire secours » doit être votre toute dernière solution. Ne vous précipitez pas sur votre secours à la moindre anomalie.

 

Si une autre solution est possible, mieux vaut éviter de faire secours!

 

Premièrement, nous verrons que l’ouverture du secours n’est pas garantie.

Une fois ouvert, il peut encore s’emmêler avec la voile principale.

Le meilleur taux de chute espéré est de 5m/s soit 18km/h pour les secours homologués CEN et à condition que le pilote soit dans la fourchette de poids. 5 m/s est la vitesse atteinte après une chute d’une hauteur de 1m30. Si le taux de chute annoncé par le constructeur est de 5,5 m/s (DHV) cela équivaut à une chute de plus de 1m50. Cela en air calme et si le secours est stable. Dans la réalité le taux de chute obtenu est donc souvent plus fort que ça. Ce n’est pas un atterrissage en douceur. Le pilote doit se préparer à l’impact.

De plus, la plupart des parachutes de secours ne se dirigent pas. Le pilote est donc à la merci du vent: il dérive et ne peut choisir son lieu d’atterrissage.

Une fois au sol, si le vent est fort, le pilote risque de se faire traîner par son parachute sans pouvoir l’affaler.

 

Faire secours doit donc rester la dernière des solutions.

 

 

Optimiser ses chances

Une chose est certaine, pour améliorer la probabilité d’un bon déploiement du parachute de secours, le pilote va devoir:

  • s’équiper d’un bon secours, suffisamment grand, suffisamment stable, et adapté à la voile,
  • le monter correctement dans la sellette,
  • l’entretenir et le replier chaque année,
  • connaître la procédure pour « faire secours »,
  • s’entraîner à saisir la poignée de secours avec une gestuelle capable de résister aux secousses et à la force centrifuge,
  • s’entraîner à extraire le secours de la sellette et à le jeter fort,
  • connaître les situations problématiques…

 

Voyons tout cela au fil des prochaines pages.

 

 

 

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