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Introduction à la voltige  6/7

 

Les compétitions de voltige

La compétition est la confrontation des pilotes dans le cadre de règles fixées par un règlement. Elle a pour vocation de mesurer la performance. C’est un laboratoire qui permet de faire évoluer les mentalités, les techniques et le matériel. Elle permet de créer une émulation et d’encourager les sportifs à se dépasser. Elle permet aux pilotes de se situer techniquement par rapport aux meilleurs.

La compétition permet surtout de désigner un vainqueur et de décerner des titres.

 

En compétition de précision d’atterrissage, on mesure la distance entre la cible et le pilote. Il est donc facile de faire un classement.

En compétition de distance, c’est le chronomètre qui permet de classer les pilotes d’une manière totalement impartiale.

En voltige, les pilotes évoluent devant un panel de juges qui attribuent des notes selon les critères définis dans le règlement. Le fait d’être jugé entraîne forcément une certaine subjectivité et peut donner aux compétiteurs un sentiment d’injustice, parfois à tort, parfois à raison ! C’est le cas dans tous les sports jugés.

 

La compétition, un état d’esprit

Avoir l’esprit de compétition, c’est avoir de l’ambition, vouloir tout mettre en oeuvre pour réussir, être le meilleur et gagner. C’est un stimulant qui pousse à l’action.

Mais faire de la compétition, c’est aussi accepter un règlement.

Accepter de rentrer dans un certain moule, ce qui restreint la liberté, la créativité et parfois même le plaisir.

 

Les compétitions reconnues FAI

Qu’est ce que la FAI?

La FAI  est la Fédération Aéronautique International. C’est l’organisation mondiale gestionnaire de toutes les activités aériennes de la planète. Elle élabore les règlements pour les compétitions et les records.

Elle est la seule entité qui puisse délivrer des titres de champion du monde.

En son sein, il existe une commission chargée de gérer les disciplines du vol libre : la CIVL (Commission Internationale de Vol Libre).

Il s’agit donc d’une association à but non lucratif. Les décisions sont prises par des bénévoles. Pour faire reconnaître une nouvelle discipline ou pour faire évoluer les règlements, il faut donc des personnes très motivées qui travaillent dans l’ombre pour faire des propositions et les défendre avec une bonne force de persuasion, de la patience et de la persévérance.

 

Comprendre le règlement FAI pour la voltige en parapente

Pour être reconnu par la FAI, chaque évènement doit respecter un cahier des charges, être inscrit à un planning, utiliser le logiciel de scoring officiel, faire appel à des juges qualifiés, etc.

Le règlement est en perpétuel évolution. Il essaie de s’adapter aux évolutions de la discipline même s’il faut reconnaître qu’il y a une certaine inertie.

 

Le principe d’une compétition de voltige FAI.

Il existe deux catégories:

  • solo: les pilotes volent individuellement.
  • synchro: vol synchronisé par équipe de deux pilotes que lon appelle des teams.

 

Les compétitions sont mixtes (hommes et femmes) mais il existe un classement féminin.

 

La compétition doit se dérouler au dessus d’un plan d’eau. La plupart du temps, l’atterrissage se fait sur un petit radeau.

Lors d’une manche, les pilotes (ou les teams) passent un par un devant les juges et réalisent un programme en enchaînant des manoeuvres.

Photo : les juges lors des championnats du monde de 2016.

De gauche à droite : Marion Rey, Beverly Jagger, Alexandra Grillmayer et Claudio Cattaneo.

 

Les juges donnent une note pour :

  • La technique
  • La chorégraphie
  • L’atterrissage

La note technique porte sur la qualité d’exécution des manoeuvres. A cette note le logiciel applique un coefficient de difficulté qui dépend de chaque manoeuvre. La manoeuvre la moins difficile (le décrochage) a un coefficient de difficulté de 1,00. La plus difficile (Misty to Tumbling) a un coefficient de 2,20. Réaliser une manoeuvre en position twisté rapporte un bonus entre 5 et 12%.

Chaque manoeuvre ne peut être exécutée qu’une seule fois du même côté durant toute la compétition. Ceci afin de forcer les pilotes à proposer des manoeuvres variées. Si une manoeuvre est répétée, un malus de 13% est appliqué sur la note de chorégraphie.

La note technique représente 40% de la note finale.

 

La note de chorégraphie est attribuée sur l’ensemble du vol. Elle porte sur des critères comme le placement, la gestion de la dérive, la gestion de la hauteur, mais aussi, la fluidité, le rythme, la diversité des manoeuvres, l’originalité, le style etc.

La note de chorégraphie  représente 40% de la note finale.

 

La note d’atterrissage porte sur la précision et la qualité de l’atterrissage. Les pilotes peuvent réaliser des manoeuvres près du sol juste avant de poser : 360 au sol, touché de l’eau avec les mains ou avec les pieds, vrille.

Vidéo: François Ragolski réussit un atterrissage qui rapporte beaucoup de points !

La note d’atterrissage représente 20% de la note finale.

 

En compétition synchro, il faut rajouter une note de synchronisation entre les deux pilotes du team. Cette note porte sur l’ensemble du vol. Les coéficients changent :

  • La technique : 25%
  • La chorégraphie : 25%
  • L’atterrissage : 25%
  • La synchronisation : 25%

 

Une compétition comporte plusieurs manches.

Les points de chaque manche sont additionnés pour déterminer le classement final.

 

Vous pouvez télécharger le règlement complet en cliquant sur le lien suivant : Sporting Code S7B-Aerobatic 2017

Pour trouver la dernière version, il faut se rendre sur le site de la CIVL, ici, dérouler la rubrique « SPORTING CODE… » et ouvrir  « Sporting Code Section 7B ».

 

Le WPRS de la FAI

Le World Pilot Ranking System est le classement mondial des pilotes. Il existe pour chaque discipline de la CIVL.

C’est un classement permanent qui évolue après chaque compétition reconnue par la FAI.

Il permet de désigner tel pilote comme étant le numéro 1 mondial, comme ça se fait au tennis par exemple.

Il s’agit d’une véritable usine à gaz. Un algorithme attribue des points à chaque pilote pour chaque compétition. Le système prend en compte les 4 meilleurs résultats des 3 dernières années pour chaque pilote.

Ces points dépendent de nombreux paramètres : le classement dans la compétition, la différence de points par rapport au gagnant mais aussi le nombre de manches courues, le nombre de participants, le niveau des compétiteurs présents et le type de compétition. Il y a aussi un coefficient de temps : les compétitions perdent en valeur au fil des années.

Vous pouvez retrouver ce classement sur le site de la FAI ici.

 

La coupe du monde : APWT

L’ APWT (Aerobatic Paragliding World Tour) est un circuit de coupe du monde FAI.

Chaque année quelques évènements majeurs sont désignés pour faire partie de l’ APWT.

Le vainqueur n’est pas champion du monde. Il faut parler de vainqueur de la coupe du monde.

En général ce circuit comprend entre 3 et 6 évènements de 3 jours. Si les places sont limitées, seuls les pilotes les mieux classés au WPRS peuvent y participer quelque soit leur nationalité.

On peut donc dire que l’ APWT est certainement le circuit de compétition avec le plus haut niveau.

 

Les championnats du monde FAI

Il s’agit d’un évènement majeur. A ce jour il n’y eu que 2 championnats du monde : en 2006, à Villeneuve en Suisse. Et en 2016 au dessus du lac d’Annecy. Il s’agit de la seule compétition permettant de délivrer le titre de championne et de champion du monde de voltige en parapente. Un titre très prestigieux !

La compétition se déroule sur un seul évènement et sur une durée de 10 jours.

Un championnat du monde est la confrontation des nations : ce sont elles qui inscrivent leur équipe nationale. Chaque nation est limitée à quelques pilotes. De ce fait certains très bons pilotes ne peuvent participer alors qu’il ont un niveau bien meilleur que certains autres issus d’une nation avec très peu de pratiquants.

Il y a un titre de champion du monde délivré pour la nation vainqueur. La France est actuellement championne du monde de voltige en parapente !

C’est une compétition extrêmement lourde à organiser tant sur le plan humain que sur le plan financier.

 

Les championnats de France

Depuis 2003 la FFVL est parvenu à décerner chaque année le titre de champion de France de voltige.

La FFVL a fait le choix d’utiliser le règlement FAI pour ses championnats de France. Le règlement n’est pas traduit en français.

Il faut savoir que rien n’est acquis et que ces championnats sont fragiles. Il faut en effet qu’une structure accepte d’organiser la compétition. Il faut réussir à rassembler suffisamment de bénévoles, réunir le budget et trouver des juges qualifiés et disponibles.  Ce n’est pas si facile que cela !

 

Quel avenir pour les compétitions de voltige ?

Aujourd’hui les pilotes ont un tel niveau qu’il faut être un spécialiste pour comprendre qui est le meilleur. Le grand public ne comprend pas grand chose même avec un bon speaker. De plus il faut reconnaître qu’à force de voir passer les pilotes les uns derrière les autres le spectacle finit par être lassant. C’est vrai pour le public mais aussi pour les pilotes eux mêmes.

Depuis toujours la FAI, ou du moins les quelques personnes qui s’investissent en son sein, essaie de faire évoluer le règlement pour offrir des compétitions plus spectaculaires.

 

Les duels : un autre format de compétition

Depuis quelques années, il se développe un format de compétition de type tournois ou les pilotes s’affrontent deux par deux.

On appelle ça les battles (batailles).

Les pilotes évoluent en même temps en essayant d’être le plus spectaculaire. Le pilote qui retient le plus l’attention des juges et du public gagne le duel et peut passer au stade suivant. Le vainqueur pourra affronter un autre pilote au stade supérieur : 1/4 de finale, 1/2 finale et finale. L’autre pilote est éliminé mais il peut continuer à voler pour le spectacle en dehors des manches de compétition.

Le jugement est bien moins précis techniquement et il faut reconnaître qu’il est difficile de regarder deux pilotes exécuter leur programme en même temps. Il faut aussi accepter qu’un pilote d’assez bon niveau puisse être éliminé assez rapidement lorsqu’il affronte le champion. Par ailleurs cette formule de type tournoi ne permet pas de faire un véritable classement pour les pilotes qui ne parviennent pas en finale.

Mais ce format privilégie la chorégraphie et l’impact visuel des évolutions. La compétition est de plus courte durée et il est plus facile de comprendre qu’il y a un gagnant et un perdant.

Ce format de compétition est testé depuis quelques années notamment pour le championnat Suisse de voltige et lors du Sonchaux Acro Show qui a lieu chaque année à Villeneuve au dessus du Leman.

 

Ce même format de duels a été adopté pour les Master Acro organisés à Saint Leu sur l’île de la Réunion fin octobre 2017. Les évolutions se déroulent au dessus de l’océan. Les pilotes sont largués deux par deux depuis un hélicoptère à plus de 1000m / sol.

 

La FAI envisage d’adopter ce format pour les coupes du monde a venir.

Il y aurait deux niveaux :

  • le niveau « master » où s’affronteraient les 16 meilleurs pilotes du monde.
  • le niveau « challenger » avec les 16 pilotes suivants.

En fin d’année, les 4 meilleurs pilotes « challengers » passeraient au niveau « master » tandis que les 4 derniers « masters » seraient rétrogradés dans la catégorie « challenger ».

Affaire à suivre…

 

La FAI n’a pas le monopole de la compétition

Pour un organisateur, ne pas dépendre de la FAI c’est avoir beaucoup plus de liberté. C’est ainsi que depuis 2 ans un format de batailles original est organisée à Organya.

Les Acro Games

La première édition des Acro Games s’est déroulé durant l’été 2016. Une seconde édition a eu lieu durant l’été 2017.

Le nombre de places est limité (16 pilotes en général). Les pilotes sont invités et sélectionnés parmi les meilleurs au monde.

La compétition ne se déroule pas au dessus d’un plan d’eau. Les pilotes volent deux par deux et peuvent prendre de la hauteur en thermique.

Le premier pilote défie son concurrent en exécutant un petit enchaînement avec les manoeuvres les plus difficiles qu’il connait. Le deuxième pilote observe puis il doit reproduire le même enchaînement. Celui qui a le mieux réussi gagne. Puis c’est au deuxième pilote d’imposer une manoeuvre ou un petit enchaînement.

Chaque fois qu’un pilote perd un défi, il se voit attribuer une des lettres qui forment le mot « ACRO ». Le premier pilote à remplir les 4 lettres a perdu la bataille. Une bataille comprend donc entre 4 et 7 manoeuvres et peut durer plusieurs heures. Le vainqueur pourra affronter un autre pilote au stade supérieur : 1/4 de finale, 1/2 finale et finale.

 

Vidéo : Acro Games 2017

 

 

 

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