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S’enfuir et descendre rapidement  / 2

Principes

On réagit toujours mieux face à une situation critique si l’on s’y est préparé: mentalement et techniquement.

Voici quelques conseils et quelques principes.

 

Mieux vaut prévenir que guérir

Il est plus facile de s’échapper à temps. Je ne vais pas vous donner un cours sur l’aérologie, mais permettez-moi de vous rappeler que la tâche du pilote consiste à analyser, anticiper, et faire preuve d’humilité. Il vaut toujours mieux regretter d’avoir posé par excès de prudence et de voir les autres pilotes continuer leur vol que regretter d’être en vol dans des conditions dangereuses et de voir les copains posés en sécurité.

Il suffit d’une fois pour le regretter à vie !

 

Le bon pilote n’est pas celui qui pose le dernier face à un danger, mais celui qui fait de vieux os.

 

Méfiez-vous de l’effet de groupe.

La présence d’autres équipages qui semblent ne pas se soucier de l’évolution des conditions n’est vraiment pas le bon critère pour prendre sa propre décision. D’une part, il y a sûrement des pilotes encore plus inexpérimentés que vous qui attendent de voir ce que font les autres, d’autre part, il y sûrement des pilotes plus expérimentés que vous et surtout munis de voiles beaucoup plus rapides que la vôtre et sachant descendre très efficacement.

 

Si vous avez une voile plutôt lente, vous devriez être le premier à prendre la fuite !

 

A propos du placement dans la zone de vol.

Parfois, le vent forcit, les nuages s’obscurcissent mais les conditions peuvent encore évoluer favorablement. Les pilotes prudents se placent alors de préférence le plus au vent possible dans la zone de vol. Si les conditions forcissent encore, ils sont bien placés pour rentrer au terrain. Mais dans ces mêmes conditions, on voit des pilotes continuer à voler comme si les conditions n’avaient pas évolué. Ils n’hésitent pas à revenir chercher des ascendances dans des secteurs habituellement utilisés, même si se secteur s’avère être sous le vent de l’atterrissage par exemple. Si les conditions se dégradent brutalement, les pilotes bien placés rentreront beaucoup plus vite au terrain que les pilotes mal placés.

 

Se calmer, rester zen et se prendre en main !

Lorsque l’on se retrouve piégé dans une aérologie forte et turbulente, une multitude d’émotions envahit le pilote. Le doute, l’inquiétude, puis la peur. Une multitude de questions s’entrechoque dans le cerveau. Tout cela fait perdre beaucoup de lucidité et peut vous amener à faire de mauvais choix ou de mauvais gestes. De plus, face au stress provoqué par la situation, chaque pilote a tendance à régresser au niveau technique.

Il faut se calmer !

Respirez !

  • Respirez lentement et profondément.
  • Essayez de relâcher le bas du ventre.

 

Coupez le son du vario !

Lorsque l’on ne souhaite plus monter, le cri strident du vario qui s’affole joue énormément sur votre mental. Couper le son vous aidera à vous calmer.

 

Mais il faut également passer en « mode combat » voir carrément en « mode survie » ! Pilotage actif !

  • Essayez de ne pas vous focaliser sur les problèmes.
  • Cherchez plutôt les solutions et restez concentré sur ces solutions. Il faut être positif.
  • Vous pouvez vous parler à voix haute pour vous motiver.
  • Ne lâchez rien !

 

La première chose va certainement être de tenter de fuir le danger…

 

 

S’enfuir horizontalement puis descendre

Les conditions peuvent se dégrader de plusieurs manières. Par exemple l’activité thermique peut devenir de plus en plus forte avec des ascendances puissantes, des turbulences et des brises soutenues.

Bien souvent c’est le vent fort qui compromet vos capacités de navigation.

Par exemple pour s’échapper de l’ascendance d’un cumulus devenu trop gourmand et qui aspire tout le monde.

Dans ce cas il est conseillé de sortir au vent du nuage où l’aerologie est souvent moins turbulente que la partie sous le vent. Encore faut-il réussir à avancer.

Même en l’absence d’une méchante ascendance, il arrive très souvent que, face à du vent fort, il devienne tout simplement difficile de réussir à rejoindre l’unique atterrissage qui se trouve au vent du pilote. 

 

Il faut donc souvent en premier lieu réussir à avancer pour s’enfuir du danger.

 

Le problème, pour fuir les conditions, c’est qu’il faut se déplacer dans la masse d’air. Et de préférence, vite. Or lorsque l’on vole en condition turbulente, il faut tenir la voile pour éviter les fermetures.

 

Nous verrons des techniques qui permettent de se déplacer horizontalement dans la masse d’air avec plus ou moins de finesse afin de fuir la zone dangereuse.

 

Mais il nous faut également des techniques pour descendre réellement très vite.

Quitte à dériver.

 

Cette dérive, dépendra du vent mais surtout de votre taux de chute. Pour dériver moins il faut descendre le plus vite possible. Ce qui permet de dériver moins longtemps.

 

Voici par exemple une situation où le pilote va devoir:

  • 1-  s’échapper horizontalement de la zone ascendante face à du vent fort
  • 2-  descendre vite pour rejoindre l’atterrissage

 

Les capacités de fuite dépendent beaucoup de votre voile !

La charge alaire.

C’est le critère le plus important.

Plus la charge alaire est faible et plus il sera difficile de s’enfuir ou de descendre efficacement.

 

Les performances de l’aile.

Plus la voile est performante et plus il sera difficile de descendre efficacement.

Moins la voile est performante, plus il sera difficile d’avancer face au vent pour s’enfuir.

 

Il est donc beaucoup plus facile de descendre vite avec une mini voile ou une voile de voltige qu’avec une voile de compétition pour le cross.

Sans parler de la difficulté physique à tenir les rotations avec les ailes très performantes munies d’un cône de suspentage très long. Avec ces machines, la force d’accélération peut monter à plus de 5g en 360 engagé alors que le taux de chute ne dépasse guère les -10 m/s.

 

Les capacités à fuir et à descendre doivent être un critère important lors de l’achat de de votre matériel.

 

 

 

 

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