Accueil - Manuel de Pilotage-Couverture - Sommaire - La voltige - SAT-asym-Infinity-sommaire - SAT-asym-Infinity-4-Rythmer une SAT

ESPACE-TRANSP

SAT Asymétrique, Rythmique SAT et Infinite Tumbling

TRAVAUX-mini-v2 Ce chapitre est en construction.

Rythmer une SAT

Il est possible d’entretenir une SAT asymétrique par un pilotage rythmé.

Il est même possible de partir d’une simple SAT, et de la rendre de plus en plus asymétrique. On dit que l’on fait “monter” la SAT. On parle alors de Rythmique SAT.

C’est un exercice délicat car il s’agit d’effectuer des gestes à des moments précis.

Pour bien se comprendre, il nous faut un peu de théorie…

 

Le deux phases d’une Rythmique SAT

Lors d’une SAT asymétrique ou d’une Rythmique SAT, il faut distinguer deux phases dans le mouvement (du point de vu du pilote).

  • Lorsque la voile monte.
  • Lorsque la voile descend.

 

Au début, lorsque le mouvement est encore assez peu asymétrique, la voile ondule dans le paysage.

Dessin: ondulation d’une SAT asymétrique (à droite) dans le paysage sur 360° vu du pilote

Entre l’image 1 et l’image 2: la voile descend dans le paysage par rapport au pilote.

Entre l’image 2 et l’image 3 la voile monte dans le paysage par rapport au pilote.

L’image 1 (qui correspond à l’image 3) est le moment où la voile est au plus haut. C’est bien entendu un passage très important pour le pilotage.

L’image 2 est le moment où la voile est au plus bas. C’est un passage encore plus important!

Toute la difficulté du pilotage réside dans la capacité du pilote à identifier ces deux instants.

Les variations de “force centrifuge”, l’effort à la commande, ou encore le bruit de la voile peuvent être des éléments qui aident à savoir où on en est… Mais le regard est l’élément le plus important notamment pour aider à identifier le moment où la voile passe à son point le plus bas. Attention: si le pilote regarde seulement la voile, il risque de ne pas bien voir le paysage et être victime de désorientation spatiale. Or nous verrons que parfois, une toute petite erreur de timing peu avoir de lourdes conséquences…

Pour passer à son point le plus bas, la voile décrit une sorte de parabole dans le paysage, un peu comme lors d’un Wing-Over, mais la parabole est beaucoup plus ouverte.

Montage: parabole d’un début de Rythmique SAT à droite vue du pilote

Dans cette séquence, on voit bien la trajectoire parabolique de la voile dans le paysage. La voile passe à son point le plus bas sur l’image 3.

Vidéo: voici la vidéo correspondante pour s’entrainer à voir la parabole… Observer le bout d’aile gauche par rapport au paysage.

 

Le pilotage d’une Rythmique SAT

Rythmer une SAT à deux objectifs:

  • Entretenir la vitesse: redonner de l’énergie à la manoeuvre…
  • Ré-axer la rotation: rendre la manoeuvre de plus en plus verticale.

 

Conserver la rotation et entretenir la vitesse

Nous avons vu que si le pilote se contente de maintenir une position statique, la voile à tendance à sortir de la manoeuvre. Elle peut aussi perdre rapidement sa vitesse, se ramollir et finir par fermer.

Les actions de pilotage à la commande de frein vont, entre autre, permettre de redonner de la vitesse à la manoeuvre. En effet nous savons que chaque freinage crée un potentiel d’abattée aérodynamique. Lorsque le pilote relâche ce freinage, la voile accélère ! L’abattée aérodynamique s’additionne au mouvement de rotation pendulaire. C’est ainsi que l’on peut entretenir la manoeuvre et lui redonner de la vitesse si nécessaire.

 

Le pilotage à la sellette ?

Beaucoup de pilotes qui volent avec de très petites voiles vous dirons qu’il faut rester au neutre dans la sellette durant toute la manoeuvre.

En fait, il faut savoir que se pencher du côté de la manoeuvre lorsque l’on freine, rend l’action au frein plus efficace. Mais pour bien faire, il faudrait revenir au neutre à chaque fois que l’on relâche les frein.

En tout cas, au début, on à tendance à se pencher du côté de la SAT. Plus la manoeuvre devient verticale, et plus il faudra penser à revenir au neutre dans la sellette.

 

Le pilotage aux freins

Pour entretenir la rotation et pour rendre la manoeuvre de plus en plus asymétrique il faut:

  • Tirer le frein intérieur lorsque la voile monte.
  • Lâcher le frein lorsque la voile arrive à son point le plus haut.
  • Rester bras hauts tant que la voile descend…
  • Recommencer à freiner dès que la voile est passée à son point le plus bas.

 

Reprenons notre dessin de référence:

 

Le pilotage consiste à:

  • Relâcher le frein en 1.
  • Freiner en 2 ou juste après (et surtout pas avant).
  • Relâcher en 3 etc.

 

Au début tout va très vite ! Chaque action est très rapprochée de l’action précédente et de la suivante.

Tant que la manoeuvre n’est pas très engagée, les erreurs de timing ne sont pas graves.

Si des gestes sont effectués à contre temps, la manoeuvre “descend” et se rapproche de plus en plus d’une simple SAT classique. Le pilote est centrifugé et le taux de chute peut être très élevé.

 

Si les gestes sont effectués au bon moment, la manoeuvre devrait être de plus en plus asymétrique. Chaque phase dure alors de plus en plus longtemps. Les timings s’espacent dans le temps.

Lorsque la manoeuvre commence à être bien asymétrique, il ne faut surtout pas freiner trop tôt!

Il faut freiner après que la voile soit passée à son point le plus bas (après 2). Car si on freine trop tôt, la voile risque de fermer par réaction au freinage: FRAF!

 

Si la manoeuvre évolue bien, elle se rapproche du Tumbling.

Dans ce cas, il nous faut un autre dessin de référence qui représente un Tumblig parfait vu de profil. Ce dessin représente le positionnement de la voile par rapport au pilote. Il nous servira sur toute la suite de cette page.

Dessin de référence: Tumbling vue de profil

Pour vous aidez à vous rappeler de la position des numéros, remarquez que ce sont ceux d’une montre.

Dans ce dessin la voile est au dessus du pilote, à la verticale, en 0 (minuit ou midi, mais aussi le “point 0”: la position de la voile en vol droit et stabilisé).

Elle est sous le pilote, à sa verticale, en 6 (à 6 heures).

Ce dessin est valable même si la manoeuvre n’est pas encore parfaitement verticale. L’image 0 représente le passage de la voile à son point le plus haut. L’image 6 le passage à son point le plus bas.

 

Le visuel du pilote devient très différent

Si le pilote regarde la voile, il voit en arrière plan alternativement le ciel, la terre, le ciel, la terre…

 

Les timings pour rythmer une SAT

Pour rythmer une SAT il faut:

  • Commencer à freiner en 7.
  • Relâcher en 0.

 

Freiner trop tôt ? Fermeture !

Il faut commencer à freiner seulement une fois que la voile a passé son point le plus bas.

Après l’image 6 donc.

Si le pilote freine trop tôt, en 3, 4, 5 ou même en 6, la voile risque de fermer par réaction au freinage. FRAF !

 

C’est pourquoi je recommande de freiner en 7. Si le pilote est légèrement en avance (6,5) ce n’est pas grave.

Mais si le pilote à l’intention de freiner en 6,5 et qu’il est en avance (5,5) la sanction serra une fermeture massive de la voile!

 

Freiner trop tard ? Pas grave…

Si le pilote commence à freiner un peu trop tard, en 8, ou même en 9… Ce n’est pas très grave. Son action ne sera pas aussi efficace. Il peut compenser ce retard en utilisant plus d’amplitude à la commande sur une durée plus courte.

Si le pilote débute son freinage vraiment très tard: en 10 ou en 11, ce n’est pas dramatique. Mais il n’a plus beaucoup de temps pour agir car le moment de relâcher est imminent. Le risque est alors d’être en retard sur le timing du relâché.

 

Relâcher tard ?

Le bon timing pour relâcher le freinage est lorsque la voile est à son point le plus haut. En générale on ressent une augmentation des G à cet instant et la commande de frein devient plus dure.

Si le pilote relâche un peu trop tard, en 1, ce n’est pas grave. La manoeuvre devrait continuer de s’amplifier.

Si le pilote relâche vraiment trop tard: en 2, la voile risque d’être fragilisée et pourrait fermer.

Si le pilote maintient le freinage vraiment trop longtemps (jusqu’en 3 ou plus), le mouvement se transforme en attaque oblique et c’est le VRAC garanti.

 

Relâcher tôt ?

Si le pilote relâche son freinage un peu trop tôt, ce n’est pas grave. L’action est simplement moins efficace. Il faut compenser en freinant plus amplement.

Mieux vaut relâcher tôt que relâcher tard.

D’ailleurs, lorsque le mouvement ne nécessite que de petites corrections, il vaut mieux relâcher tôt…

 

 

Tumbling parfaitement vertical ?

Une fois que la voile arrive au Tumbling parfaitement verticale, si le pilote continue à agir du même côté, la voile va se désaxer de l’autre côté: la manoeuvre redevient de moins en moins asymétrique.

L’idéale, lorsqu’on arrive à ce stade est de conserver les même timings mais de passer à un freinage symétrique (certains parlent d’un freinage double):

  • Freiner avec les deux commandes en même temps…
  • Relâcher les deux commandes en même temps.

 

Si la voile est passée de l’autre côté, il faut agir avec l’autre commande pour faire revenir la voile dans l’axe, vers le Tumbling bien vertical.

 

Toute la difficulté est de se rendre compte de la situation:

  • La rotation est elle bien verticale ?
  • Est elle désaxée à droite ?
  • Est elle désaxée à gauche ?

 

Comment savoir ?

Le seul moyen dont on dispose pour se rendre compte de la situation est le regard. Or lorsque l’on débute en Rythmique SAT, le champs de vision du pilote à tendance à être réduit. De plus, il faut une certaine disponibilité cérébrale que l’on n’a pas forcément avec l’émotion des débuts…

Il faut regarder où est la voile par rapport au paysage lorsqu’elle passe devant le pilote: entre les images 2 et 6.

En 3, c’est assez facile et ça laisse le temps au cerveau d’intégrer l’information avant d’agir… Mais nous verrons que cette information peut être faussée.

En 6, c’est plus difficile et ça ne laisse aucun laps de temps pour agir car il faudra rythmer juste après. En revanche, l’information est plus juste…

 

En 3 nous avons un horizon assez facile à lire dans le paysage. On peut donc comparer la position de la voile par rapport à l’horizon.

Mais pour cela, il faut regarder le paysage et non la voile!

Il faut être en train de regarder l’horizon depuis quelques instants avant que la voile arrive dans le champ de vision. Il faut laisser le temps au cerveau de lire le paysage et de remédier à la désorientation spatiale.

  Mon conseil: lorsque le pilote freine pour rythmer la SAT, (notamment à partir de l’image 9 ou 10) il faut baisser la tête, pour aller chercher du regard la ligne d’horizon (qui se situe vers vos genoux) comme dans le dessin ci-dessous.

Photo: la championne du monde 2016 Christina Kolb en Rythmique SAT en train de regarder vers l’horizon.

Dans cette photo Christina est en train de rythmer une SAT à droite. Par rapport à notre dessin de référence, cette image correspond au numéro 10. C’est ainsi qu’elle voit le paysage devant elle, au niveau de l’horizon…

 

Il faut alors suivre du regard ce paysage et l’analyser…

Attention: “horizon suisse” ! En montagne, la ligne d’horizon qui sépare le ciel et la terre, n’est pratiquement jamais horizontale. C’est pour ça qu’il faut bien connaître le paysage environnant afin d’être capable de le lire et de déchiffrer l’horizon.

Au bout d’un moment la voile va arriver dans votre champ de vision et passer entre vos yeux et le paysage…

 

C’est ainsi que l’on va pouvoir comparer la position de la voile par rapport à l’horizon.

Si le bout d’aile droit est plus haut que le bout d’aile gauche comme sur l’image ci-dessous:

c’est que la manoeuvre est encore asymétrique à droite. Il faudra continuer de rythmer à droite.

Attention: du point de vu du pilote la voile risque de sembler horizontale comme dans le dessin ci-dessous: la ligne d’horizon (en rouge) semble alors inclinée comme si le paysage été incliné… Il s’agit pourtant exactement de la même configuration.

C’est le piège de la désorientation spatiale. C’est pour cela qu’il faut regarder suffisamment longtemps le paysage pour laisser le temps au cerveau de rectifier cet effet visuel…

Sinon, vous pouvez vous dire que si le paysage penche à droite, il faudra rythmer à droite.

 

Si la voile est bien parallèle à l’horizon:

c’est que la rotation semble bien verticale. Il faudra soit rythmer avec les deux commandes, soit ne pas rythmer du tout: rester bras hauts pendant un tour complet pour confirmer.

 

Si le bout d’aile gauche est plus haut que le bout d’aile droit:

c’est que la manoeuvre est asymétrique à gauche. Il faudra rythmer avec la commande de gauche.

 

Une règle se dessine:

  Pour faire monter la voile, il faut tirer du côté où la voile est le plus haut.

ou bien:  il faut tirer du côté ou penche le paysage.

 

Malheureusement faire ce contrôle en 3 (lorsque la voile est face au pilote, devant l’horizon) n’est pas toujours très précis. En effet, lorsque le pilote relâche son freinage, la voile effectue un mouvement de lacet assez vif. Le côté relâché se met à accélérer par rapport à l’autre côté. Ce phénomène peut placer la voile bien parallèle à l’horizon, alors que la rotation est toujours asymétrique… Plus le pilote freine fort et plus il relâche son freinage tardivement (en 1) plus le résultat serra faussé.

Si la voile semble bien parallèle, le pilote peut rester un tour complet sans rythmer: bras hauts! Le passage suivant ne sera pas faussé par ce phénomène. Mais attention: pour pouvoir rester bras hauts pendant 1 tour, il faut être certain que la voile a encore suffisamment d’énergie.

 

Mesurer si la voile est verticale ou non en 6 ?

Il est possible de se rendre compte de la situation lorsque la voile passe sous le pilote: en 6. Mais c’est plus difficile de savoir avec précision où est la verticale. Cela demande de l’habitude, de la disponibilité cérébrale, et un champs de vision élargi.

La règle reste la même: “pour faire monter la voile, il faut tirer du côté où la voile est le plus haut”.

Si en 6 la voile est à droite (donc le côté droit plus haut que le gauche) il faudra rythmer à droite pour la faire redresser.

Si elle est à gauche, il faudra rythmer à gauche.

 

Dans le doute, il vaut mieux: soit un freinage symétrique, soit pas de freinage du tout.

 

 

Sortir

Il y a deux manière de sortir d’une Rythmique SAT:

  • Laisser la voile redescendre en Anti Rythmique…
  • Temporiser !

 

L’Anti Rythmique

 

La Tempo

 

 

 

 

 

 

Sommaire de ce chapitre