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SAT Asymétrique, Rythmique SAT et Infinite Tumbling

TRAVAUX-mini-v2 Ce chapitre est en construction.

Introduction

La manoeuvre SAT à ouvert toute une série de possibilités. C’est ainsi que l’on a pu réaliser le Tumbling en parapente: une rotation complète de voile par l’avant et sur l’axe du tangage. Une sorte d’abattée sur 360° pendant laquelle le pilote passe au dessus de la voile, à la verticale.

En SAT, l’axe de rotation est situé entre la voile et le pilote, dans le cône de suspentage. La voile vole vers l’avant tendis que le pilote recule. Dans une SAT classique, l’axe de rotation est vertical et la manoeuvre peut être maintenue aussi longtemps que l’altitude le permet.

Dessin: l’axe de rotation (en rouge) est vertical dans une SAT classique

Si l’on rentre en SAT depuis un 360 avec de l’énergie, on obtient une SAT dynamique. Selon la porte d’entrée, cette SAT dynamique peut être plus ou moins asymétrique. C’est à dire que la voile tourne en SAT, mais l’axe de rotation, au lieu d’être vertical, est incliné.

Dessin: dans une SAT asymétrique, l’axe de rotation est incliné

La voile passe alors alternativement en dessous du pilote, puis au dessus. En revanche, la manoeuvre ne peut pas être maintenue simplement. L’énergie de la prise de vitesse est consommée par la manoeuvre et il faut soit ressortir de la manoeuvre soit piloter activement pour entretenir le mouvement.

Avec un pilotage rythmé et précis, il est possible d’entretenir cette rotation. Il est même possible de la faire évoluer: la rendre de plus en plus asymétrique. Passer d’une simple SAT, à un Tumbling parfait, c’est à dire que l’axe de rotation est horizontal. Il est même possible de conserver ce mouvement de Tumbling aussi longtemps que l’altitude le permet, d’où le nom de la manoeuvre: Infinity (ou Infinite Tumbling). Le record du monde est de 613 tours consécutifs réalisés par le Bulgare Verso Ovcharov en 2018.

L’Infinity Tumbling est un objectif important pour un pilote de voltige. C’est souvent le Graal des manoeuvres, même si pour certains pilotes il ne s’agit que du début de la voltige moderne.

C’est tout un univers que nous allons aborder dans ce chapitre.

 

Un peu d’histoire

Dès la découverte de la SAT fin 1999, Raul Rodriguez, à l’intuition qu’à partir de cette nouvelle manoeuvre il sera possible de réaliser le Tumbling en parapente.

Dès l’an 2000, les pionniers réalisent les premières SAT asymétriques: il s’agit de rentrer en SAT depuis un 360 asymétrique et du côté du 360 asymétrique. Le pilote maintient la position SAT pendant 1 ou 2 tours, puis il faut ressortir car la manoeuvre consomme l’énergie de la prise de vitesse.

En 2001 on voit apparaître les premiers Tumblings. La manoeuvre est la même que la SAT asymétrique, mais la rentrée se fait sur inversion: par exemple une prise de vitesse en 360 asymétrique à droite pour une rentrée en SAT à gauche! La manoeuvre est alors beaucoup plus radicale et la voile passe beaucoup plus bas, sous le pilote. Mais la technique reste la même: le pilote se contente de maintenir la position SAT pendant 1 ou 2 tours. La rotation n’est donc pas un véritable Tumbling parfait mais plutôt une SAT asymétrique plus radicale.

En 2002, au cours d’une compétition, le pilote Suisse David Arrufat annonce dans son programme une SAT asymétrique. Mais il n’avait pas bien compris la manoeuvre… Il part d’une simple SAT et se met à la rendre de plus asymétrique par une série d’actions de freinage, relâché, freinage, relâché… Un peu à la manière d’un 360 asymétrique. Les autres pilotes et les juges en restent bouche bée. David vient de découvrir une nouvelle manoeuvre. On décide de la nommer Rythmique SAT. A cette époque, on parvenait à entretenir une rotation asymétrique mais on ne parvenait pas encore au Tumbling parfait.

C’est en 2004 que Raul Rodriguez parvient à réaliser les premiers Tumbling parfaits. Et comme il est possible d’entretenir la manoeuvre indéfiniment, il la nomme “Infinity”. Une abattée infinie! Cette même manoeuvre est souvent appelée “Infinite Tumbling”.

Il est alors possible de partir d’un Tumbling et de l’entretenir à volonté. Il est également possible de partir d’une SAT, de la rendre de plus en plus asymétrique et de parvenir à l’Infinity. On dit que l’on fait monter la SAT. C’est désormais la définition de la Rythmique SAT: une SAT to Infinity.

Mais durant des années, la seule manière de sortir de la manoeuvre est de réaliser une énorme tempo ou un décrochage de la voile… Et c’est l’opération la plus délicate.

Il faudra attendre l’année 2010 et la mise au point de voiles de voltige de plus en plus petites et solides, pour que le pilote hongrois Pal Takats parvienne enfin à réaliser l’Anti Rythmic SAT. C’était un vieux rêve pour lui. Mais jusque là, les voiles finissaient toujours par fermer… Comme son nom l’indique, il s’agit de l’inverse d’une Rythmique SAT: le passage d’un Infinity à une simple SAT. On dit que l’on fait redescendre la SAT.

La même année Pal Takats réalise l’Esfera (la sphère en espagnol). La manoeuvre est un long enchainement qui consiste à partir d’une SAT classique d’un côté, de la faire évoluer vers le Tumbling parfait grâce à la Rythmic SAT, puis de redescendre en Anti Rythmique de l’autre côté pour finir en SAT stabilisée. Par exemple une SAT à droite to Infinity to SAT à gauche. Au cours de manoeuvre, la voile passe successivement partout autour du pilote décrivant une sphère autour de lui.

L’Anti Rythmique SAT est également devenu une deuxième option pour sortir d’une SAT asymétrique, d’un Tumbling, d’une Rythmique SAT ou d’un Infinity. C’est donc un mouvement fondamentale qu’il faut acquérir rapidement au cours de la progression.

Merci à ces inventeurs audacieux et aux constructeurs!

 

Des manoeuvres particulièrement périlleuses

Toutes les manoeuvres que nous allons aborder dans ce chapitre sont particulièrement engagées. Les risques “classiques” sont présent: grosses cravates, twist du pilote, autorotation etc…

Mais la particularité lorsque l’on travaille ces manoeuvres, le risque principale, est de manquer de vitesse et d’obtenir une détente des suspentes avec un “plongeon” du pilote: une phase de chute libre. En tombant, le pilote peut s’emmêler dans les suspentes et pire encore: tomber dans sa voile. C’est un risque à ne pas prendre à la légère. Nous reviendrons sur les dangers de ces manoeuvres, avec quelques images vidéos, dans la page suivante…

Il faudra donc être particulièrement prudent, consolider les bases techniques, progresser pas à pas, toujours travailler avec de bonnes marges en terme de hauteur / sol, et être bien équipé.

 

Des manoeuvres qui nécessitent du matériel spécifique

Techniquement, il est possible de réaliser des SAT asymétriques avec pratiquement toute les voiles “grand public” dès lors qu’elles passent bien la SAT classique et qu’elles sont de construction robuste.

En revanche, pour aller plus loin, vers la Rythmique SAT et l’Infinite Tumbling, il faut absolument une voile spécifiquement conçue pour la voltige.

 

Il faut que la voile soit bien chargée

S’il est recommandé d’apprendre l’Hélicoptère avec des voiles pas trop chargées, en revanche, pour s’attaquer aux manoeuvres de ce chapitre, il faut une charge alaire importante.

Plus la voile est chargée, plus ces manoeuvres pardonnent les erreurs. C’est un gage important de sécurité. Encore faut il avoir le niveau général qui permet d’accéder à ces voiles très vives.

 

Il faut que la voile soit robuste et en très bon état

La SAT asymétrique, les Rythmiques SAT et les Infinite Tumblings (…) sollicitent particulièrement le matériel et provoquent un vieillissement accéléré.

Ces manoeuvres peuvent générer beaucoup de “force centrifuge”. On à mesurer jusqu’à 7G sur certaines SAT asymétriques. Une force d’accélération brève, mais particulièrement violente et qui apparait à chaque tour. De plus, cette force ne s’applique pas de façon homogène sur l’ensemble de la voile et du cône de suspentage.

Le risque de rupture est réel!

C’est pour cela qu’il faut du matériel particulièrement robustes et en très bon état.

 

Il faut s’assurer de la robustesse de tout le matériel: la voile, les suspentes, les mousquetons et la sellette. C’est de la responsabilité du pilote !

 

Ne vous amusez surtout pas à essayer des SAT asymétriques avec des voiles légères, ni même des voiles dessinées pour le cross, avec peu de suspentes et des suspentes de petit diamètres.

 

Indépendamment de la résistance structurelle de la voile, il faut savoir que l’état de la voile joue sur ses capacités. Dès qu’une voile commence à être usagée, elle devient paresseuse et risque de ne plus passer correctement les SAT asymétriques: la voile ne conserve plus sa vitesse et ferme plus facilement.

 

 

 

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