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 Le pilotage aux arrières  / 4

Virages et amorce de décrochage

 

La saisie des commandes et des arrières

La saisie des élévateurs, comme la saisie des commandes, dépend des préférences de chaque pilote.

Une chose est certaine : il faut des freins longs.

Les pilotes qui saisissent leurs commandes de frein en dragonne, peuvent conserver cette saisie dès lors qu’ils n’utilisent pas la poignée de rappel des B qui est située trop bas pour permettre l’effet reflex.

Les pilotes qui réalisent un tour de frein, doivent défaire le tour de frein lorsqu’ils pilotent aux arrières. Il faut conserver la commande de frein au bout des doigts, en chasse d’eau.

Personnellement, je recommande de saisir les arrières le plus haut possible, à pleine main, avec le maillon (voire les suspentes) entre le pouce et l’index.

Lorsqu’il y a une barre (si elle est assez haute), je recommande d’utiliser la barre comme un cale-main (sous le petit doigt).

Cette saisie permet l’utilisation du poignet, ce qui donne une excellente précision de pilotage et de bonnes sensations.

Attention à tenir fermement l’élévateur ! Certaines actions de grande amplitude demandent de la force surtout avec les ailes 2 lignes. Il ne faudra pas glisser !

 

La gestuelle

Pour de petites actions de quelques centimètres, et pour sentir la voile, une petite rotation du poignet vers l’arrière et vers le bas donne la précision.

Pour de plus grandes actions, il faut descendre le bras.

Le pilotage latéral est également important : en tirant vers l’intérieur (vers votre tête) on tire davantage le bout d’aile. Cela donne de la maniabilité en virage.

 

Le débattement

Attention : aux arrières le débattement est 10 à 15 fois plus petit qu’aux freins !

Souvent, on atteint le point de décrochage (en vol droit et stabilisé, dans une masse d’air calme) entre 10 et 25 cm de traction.

Mais attention : comme pour les freins, le décrochage n’est pas une question de débattement mais d’angle d’incidence. Le point de décrochage est influencé par l’aérologie. On peut donc obtenir un décrochage avec très peu de débattement. De même il est possible de tirer bien plus que le point de décrochage par exemple lorsqu’il s’agit de compenser une perte de pression pour éviter une fermeture ou pour freiner une forte abattée pendulaire.

L’important sera de connaître la sensation de l’instant du décrochage bien plus que le “point de décrochage” en centimètres.

 

Se diriger aux arrières

Il est possible de se diriger aux arrières. Il faut accepter que la voile soit tout de même moins maniable aux arrières qu’aux commandes de freins. Certaines ailes sont plus maniables que d’autres. Notamment, les ailes dont les suspentes arrières de bout d’aile sont reliées aux B peuvent manquer de maniabilité.

La plupart du temps, on pilote aux arrières plutôt en ligne droite : en transition et en cheminement. Il n’y a donc pas besoin d’une grande maniabilité.

Ceci dit, il doit être possible de réaliser une approche aux arrières.

Il est également parfois intéressant d’enrouler aux arrières lorsque les thermiques sont bien larges. L’aile n’en sera que plus performante.

Il faut découvrir les virages progressivement et en air calme.

Il faut bien utiliser l’action à la sellette pour accompagner les virages.

Il faut respecter d’éventuelles remises à plat pendulaires (comme pour n’importe quel virage voir ici)

Exemples de virages aux arrières

Mais attention, comme le débattement est beaucoup plus petit, il arrive de provoquer un décrochage asymétrique involontaire. C’est-à-dire le décrochage accidentel d’une demi-aile.

 

Exemples de décrochages asymétriques involontaires lors de simples virages en air calme

À l’instant du décrochage, on peut sentir la “tension” sur l’élévateur arrière diminuer brusquement et on peut sentir la demi-aile déraper vers l’arrière (en lacet). Dans ce cas, il faut relâcher immédiatement, rapidement et complètement les deux arrières.

Si le pilote réagit dès le début de l’événement, il n’y a pratiquement pas d’abattée. Mais si le pilote met du temps à détecter le phénomène ou s’il met du temps à réagir, les conséquences deviennent rapidement plus importantes avec de plus grosses abattées…

C’est pour cela qu’il est recommandé de profiter d’un stage SIV pour travailler sa perception de l’instant d’un décrochage. En commençant par du décrochage symétrique. Puis du décrochage asymétrique, en virage. Comme nous le verrons plus bas…

 

Accélérer et se diriger

Il faut vraiment beaucoup de garde pour piloter aux arrières et accélérer. Le cas échéant, défaire le tour de frein.
Dans l’ordre :

  • Saisir les élévateurs arrière…
  • Puis pousser l’accélérateur.
  • Effectuer des changements de direction.
  • Relâcher progressivement l’accélérateur en gardant les arrières en main…
  • Puis reprendre ses commandes de frein normalement.

 

Exercice : Amorce de décrochage symétrique

Objectifs :
  • être capable de sentir l’instant du décrochage et savoir réagir vite et bien.
  • être capable de temporiser une abattée aérodynamique aux arrières.
L’exercice consiste à ralentir très doucement aux arrières jusqu’à atteindre le point de décrochage, puis de relâcher immédiatement et contrôler, si besoin, l’abattée.
Cet exercice ne se fait pas en mode “téléguidage” : il faut relâcher avant que le moniteur ne le demande !
Pour les premiers essais : il est possible de tricher en regardant la voile. Cela aide à identifier l’instant du décrochage.
Il faudra effectuer quelques essais sans regarder la voile pour affiner ses sensations sans tricher. Mais attention ! Après le décrochage, ayez le réflexe de regarder votre voile comme après chaque événement (une fermeture, une abattée…). Car si la voile se déforme trop il faudra sûrement agir vite. Il y a des choses qui ne se sentent pas et qu’il faut voir… Nous en reparlerons plus bas.
 

Au moment du décrochage :

  • Les arrières ramollissent légèrement.
  • La voile bascule légèrement en arrière.

Si on regarde la voile, on la voit se dégonfler. On peut également voir le bord de fuite se soulever vers le haut et parfois vibrer.

On peut entendre la voile se froisser et la sentir vibrer…

Comment réagir ?

  • Relâcher immédiatement, rapidement et complètement !
  • Temporiser l’abattée aux arrières…

 

Temporiser une abattée aérodynamique aux arrières

Si vous avez oublié le cours sur les abattées pendulaires et aérodynamiques, il serait bon d’aller réviser ici.

Après une amorce de décrochage aux arrières, l’aile est techniquement en parachutale.

Temporiser une abattée c’est :

  • Laisser la voile reprendre sa vitesse (et se regonfler)
  • Temporiser (que ce soit aux freins ou aux arrières)
  • Relâcher…

 

Dans le cas d’une abattée aérodynamique, avec une voile à la verticale du pilote, l’abattée ne sera que d’environ 20°. Il n’est pas nécessaire de la temporiser. En tout cas il faut laisser la voile se regonfler et reprendre sa vitesse : attendre qu’elle soit légèrement en avant (disons au moins 10°) et qu’elle soit regonflée (intrados bombé).

Une tempo aux arrières étant plus efficace qu’une tempo aux freins, un geste de 20 cm d’amplitude et de très courte durée devrait largement suffire. Une sorte de mini coup d’arrières. La tempo aux arrières est très efficace !

Exemples d’amorces de décrochages symétriques aux arrières
 

Si le pilote agit trop tôt, il risque d’empêcher la voile de revoler.

Exemples de tempos trop tôt

 

Parfois certaines ailes mettent du temps avant de commencer l’abattée. Elles restent en parachutale quelques instants, dégonflées, avec le bord de fuite qui vibre. Dans ce cas il faut rester bras hauts et bien attendre que la voile soit en avant avant d’intervenir.

Exemple de voile qui hésite avant de revoler

 

Après une abattée aérodynamique de sortie de parachutale, la voile est TRÈS sensible au surpilotage. C’est-à-dire à une tempo trop forte ou relâchée trop tardivement. Elle repart très facilement en parachutale.

Exemples de tempos aux arrières relâchées trop tard

 

Attention : plus la voile bascule loin en arrière, plus l’abattée est forte et nécessite une tempo plus appuyée (aux arrières).
Après le décrochage, la voile est en parachutale. L’abattée aérodynamique qui en résulte est d’environ 20°. Il faut rajouter l’abattée pendulaire. Donc si la voile est à 20° en arrière, l’abattée sera de 20 + 20 = 40°.
Mais si la voile est à 45° en arrière, l’abattée sera de 45 + 20 = 65° ! Et là, il faudra utiliser un plus grand débattement pour temporiser !
 
 
Exemple de pilote ayant relâché trop tard…

Il est conseillé d’effectuer la tempo aux arrières. C’est également un des objectifs de l’exercice : savoir contrôler des abattées aux arrières pour prendre confiance sur ses capacités de contrôler sa voile aux arrières.
 
Il arrive souvent que les élèves temporisent aux freins… C’est dommage ! Il faut savoir qu’une tempo tardive aux freins provoque souvent une fermeture par réaction au freinage (FRAF). Ce n’est pas le cas avec une tempo aux arrières.
 
 
Exemple de tempo aux freins (mauvais réflexe du pilote)

 
 
 
 
 
 
Attention avec des ailes allongées, si le décrochage est profond, il arrive que l’aile se déforme en crevette : les deux bouts d’aile passent en avant. Il y a alors un fort risque de cravate !
 
 
En cas de crevette il faut réagir sans attendre avec un coup de FREINS (et non un coup d’arrières) :
  • 50 cm de frein (après le point de contact) assez rapidement.
  • Non maintenu.
  • Relâché sans délai et tout aussi rapidement.

 

On n’a pas le temps de modifier sa saisie de commande : si vous avez les commandes de frein en chasse d’eau, il faut effectuer le coup de frein en chasse d’eau (donc descendre assez bas les mains).

En cas de crevette le coup de frein fonctionne bien mieux qu’une action sur les arrières.

 

Exemple de crevette après un décrochage symétrique aux arrières

 

Exercice : Amorce de décrochage asymétrique en virage

L’objectif est de développer sa perception de l’instant du décrochage asymétrique lorsque l’on tourne aux arrières et apprendre à réagir vite et bien.
Réaliser un virage aux arrières, en accompagnant à la sellette et en maintenant une légère tension sur l’élévateur extérieur pour ne pas laisser la voile s’incliner en 360 et prendre de la vitesse.
L’exercice consiste à tirer de plus en plus sur l’élévateur intérieur jusqu’à atteindre soudainement le point de décrochage.

Au moment du décrochage asymétrique :

  • L’élévateur arrière ramollit légèrement.
  • La voile dérape en arrière sur l’axe du lacet.
  • Si vous regardez la voile, elle se dégonfle…

 

Il faut alors relâcher immédiatement, rapidement et complètement les deux élévateurs arrière !

Si vous réagissez très rapidement, il n’y a pas d’abattée à freiner.
Mais attention : si vous mettez trop de temps à réagir, il faudra freiner l’abattée aux arrières.

Cet exercice ne se fait pas en mode “téléguidage” : il faut relâcher avant que votre moniteur ne le demande !

 

Exemples de décrochages asymétriques en virage

 

Une fois que vous êtes capable d’identifier très tôt une amorce de décrochage et que vous savez comment réagir, que ce soit un décrochage symétrique ou asymétrique en virage, on peut aborder beaucoup d’autres exercices…

 

 

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