Accueil - Manuel de Pilotage-Couverture - Sommaire - Les exercices du niveau bleu - Le Pilotage aux Arrières-sommaire - Le Pilotage aux Arrières-1-Introduction

 Le pilotage aux arrières  / 1

Introduction

 

Un pilotage pour tous !

Piloter aux élévateurs arrière n’est pas seulement destiné aux ailes de cross et à la performance.
Tout d’abord, ce sont des commandes alternatives qui permettent de se diriger et de garder le contrôle de l’aile en cas de problème avec les commandes de frein (clé, drisse cassée, nœud défait, poulie cassée, commande de frein emmêlée, etc.).

Tous les parapentes sont étudiés (et homologués) pour être dirigeables aux arrières.

Contrairement à certaines idées reçues, même les ailes écoles peuvent être pilotées aux arrières avec des avantages certains par rapport au pilotage aux freins.
Comme nous l’avons vu dans le chapitre consacré aux profils (ici), et dans le chapitre consacré au pilotage en turbulence (ici), les ailes de parapente n’aiment pas être légèrement freinées.

Freiner un peu rend le profil instable :

  • le centre de poussée recule,
  • l’aile est moins résistante à la fermeture,
  • l’aile bouge plus dans la turbulence,
  • l’aile plonge plus loin en abattée…

Il faut soit ne pas freiner du tout, soit freiner beaucoup (minimum 25 cm après le point de contact).

C’est pour cela que l’on entend des conseils contradictoires :

  • “Laisse voler ton aile, elle fermera moins” et c’est vrai…
  • “Tiens ta voile ! On ne vole pas bras hauts dans la turbulence !” et c’est encore plus vrai !

Car lorsque l’on vole en turbulence, il n’est pas conseillé de ne rien sentir. Il faut piloter la voile activement : la sentir et compenser les pertes de “pression” pour éviter les fermetures. Ce travail peut être fait avec les freins (avec ses inconvénients) ou avec les élévateurs arrière.

 

Piloter aux arrières : le beurre et l’argent du beurre !

Lorsque l’on freine, il y a deux effets contradictoires :

  • Le profil est instable : il a tendance à piquer et la voile est plus fragile.
  • On fait de la traînée qui amortit le tangage et stabilise la voile.

 

En pilotant aux arrières, on a deux effets bénéfiques :

  • Le profil est plus stable : il s’auto-stabilise en tangage, la voile est plus solide.
  • On fait de la traînée qui amortit le tangage et stabilise encore plus la voile.

Bref, aux arrières, on a le beurre et l’argent du beurre !

 

Piloter aux arrières est le meilleur moyen de tenir sa voile en turbulence dès lors que l’on vole droit : en transition, en cheminement, ou pour s’échapper face au vent dans une masse d’air turbulente.
Cela ne change pas seulement la vitesse/air. Cela change le comportement général de la voile.

Prenons deux ailes identiques, avec la même sellette et la même charge alaire côte à côte face à du vent fort et dans une masse d’air agitée. L’un des pilotes tient sa voile aux freins et l’autre aux arrières :
Celui qui pilote aux freins recule…
Tandis que celui qui pilote aux arrières avance !
La différence est spectaculaire !

Et comme les voiles écoles sont les plus lentes, ce sont les plus vulnérables lorsque le vent forcit.
Il est d’autant plus important d’apprendre à piloter aux arrières lorsque l’on a une aile lente !

 

Évidemment, il faut apprendre à piloter aux arrières ! Le débattement est beaucoup plus petit, les sensations de pilotage sont différentes et il faudra du temps (et des exercices) pour être capable de dominer sa voile aux arrières en toute confiance.
Il est possible de faire pratiquement tous les exercices aux arrières !

Mais il faudra tout d’abord étudier de près son matériel. Les élévateurs arrière sont des éléments importants de votre poste de pilotage !

Il existe une grande diversité d’élévateurs et de suspentage. Connaître son matériel permet de comprendre comment l’utiliser.

Dans les prochaines pages nous allons apprendre à connaître le matériel :

  • l’architecture et le fonctionnement des élévateurs,
  • le suspentage de la voile : dans la corde et dans l’envergure…

 

Sommaire de ce chapitre