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Le pilotage pendulaire /4

 

Se situer dans l’espace et percevoir le mouvement

 

Toute la difficulté du pilotage réside donc dans la capacité d’un pilote à savoir se situer exactement dans le mouvement pendulaire afin d’être capable de la bonne action au bon moment. Plus facile à dire qu’à faire! Cela demande un apprentissage spécifique et une bonne connaissance théorique des différents mouvements.

 

L’oreille interne: le piège!

L’oreille interne, munie des ses organes vestibulaires, est un élément majeur dans la perception de notre environnement. Elle est le siège de l’équilibre et fonctionne un peu comme un niveau, une bombonne à moitié remplie de liquide. Elle nous indique où se trouve l’horizon.

 

Lorsque le pilote est debout sur la terre ferme, son oreille interne lui indique l’horizon et la position verticale de son corps dans l’espace.

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Lorsque le pilote est tranquillement couché dans l’herbe, son oreille interne lui indique l’horizon et la position inclinée de son corps dans l’espace.

 

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Mais notre oreille interne n’est pas conçue pour le vol. Du fait de la « force centrifuge », si infime soit-elle, l’oreille interne est capable de transmettre des indications erronées.

 

 

La désorientation spatiale

C’est la perte d’orientation que l’on peut subir en vol. La perception de l’horizon est altérée. Le pilote est perdu mais ne le sait pas forcément.

 

En effet, si on accroche notre bombonne à une suspente et qu’on la fait tourner rapidement, on s’aperçoit que le niveau du liquide n’est plus horizontal.

 

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Un pilote en 360 risque d’avoir une perception altérée de l’horizon s’il écoute son oreille interne. On parle d’horizon perçu. C’est une source importante d’erreurs de pilotage.

 

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Si vous avez déjà pris un avion avec un siège côté hublot, vous avez sûrement vécu cette expérience. Vous êtes assis confortablement en train de regarder sur votre tablette votre verre rempli d’eau. Vous avez la sensation de voler parfaitement à l’horizontale. Pourtant, en regardant par le hublot, vous apercevez le paysage et vous réalisez soudainement qu’en fait, l’avion est fortement incliné en roulis. Ni votre oreille interne ni votre verre d’eau ne vous ont permis de sentir l’inclinaison en roulis. Seul le regard sur le paysage aura permis au cerveau de comprendre la situation.

 

Le seul remède à la désorientation spatiale est de regarder (et voir) l’horizon.

Regarder la terre et non son parapente!  

 

Un pilote victime de désorientation spatiale ne peut pas réaliser un geste précis à un timing précis. Le 360 engagé fait partie des manœuvres à fort risque de désorientation spatiale mais un simple mouvement de tangage peut dégrader votre capacité à savoir où se trouve l’horizon et où se trouve la verticale.

 

 

Le saviez vous ?

La désorientation spatiale est un problème pris très au sérieux dans l’aviation car elle est à l’origine de tragiques accidents d’avions de ligne ou d’avions de chasse, particulièrement lors de vols sans visibilité (vols de nuit ou par forte nébulosité). Le pilote, étant davantage à l’écoute de ses sensations (de son oreille interne) que de ses instruments, mène l’avion au crash.

Le seul moyen fiable de se prémunir contre ce phénomène est de se fier aux instruments de bord (notamment l’horizon artificiel) pour connaître sa position dans l’espace et l’orientation de l’aéronef.

En parapente, il est interdit de voler de nuit ou dans les nuages. Mais on peut être victime de désorientation spatiale sans le savoir, ce qui dégrade fortement la qualité du pilotage.

 

Un pilote qui passe tout son temps à regarder sa voile est complètement perdu dès qu’il y a des mouvements pendulaires!

 

Il faut s’ouvrir à l’environnement en regardant le paysage. Surtout quand l’aérologie est mouvementée ou lorsque l’on souhaite réaliser des exercices de pilotage.

 

 

Conclusion

Dans les chapitres suivants, nous allons rentrer concrètement dans le travail des mouvements pendulaires. La principale difficulté sera de bien placer le regard.

 

 

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